Monthly Archives: October 2009

Une grande mascarade / Masks and faces

Une grande mascarade

Pour célébrer ce weekend déguisé je vous propose une petite sélection d’interventions urbaines centrée autour du visage. Certaines photos commencent a dater d’autres sont plus récentes, toutes datent de 2009. On a beau parler de la diversité des créations artistiques les formes humaines, les visages (ainsi que les animaux) reviennent souvent. Mis à part dans l’ornementation, les formes purement abstraites restent assez rares. J’imagine qu’on a envie de représenter le vivant… tiens d’ailleurs j’oubliais les végétaux. Connaissant la durée de vie d’une image posée dans la rue et des quelques secondes que certains consacreront à l’apprécier il doit aussi s’agir d’un besoin de communication immédiate. L’autre jour en regardant un blog sur les tags puis en me tournant vers ma maigre bibliothèque je me suis fais la remarque qu’avec 26 lettres on arrivait à une multitude de mots et de styles. Un peu comme les histoires de Raymond Devos où il tire sans relâche sur son idée et la tord à l’extrême. Je dérive un peu, c’est normal c’est pour camoufler ma grosse tarte à la crème du dimanche. Bref, (attention elle arrive avec ses gros sabots et elle éclabousse méchamment) avec deux yeux, un nez et une bouche on obtient une richesse d’idées qui semble inépuisable. Appréciez!


Masks and faces

To celebrate this costumed weekend I would like to show you this selection of artistic stuff seen in the street representing faces/masks. All this pictures have been taken this year. It is interesting to see how, most of the time, we end up representing human bodies, faces and also animals. It looks almost instinctive how we need to represent living things. Abstraction by themselves are rare. May be they need more time to be appreciated. The street might not be really appropriate for that. You can create so much words with 26 letters, it’s fascinating (and quite obvious, I know) how many different things you can create with two eyes, a nose and a mouth. I hope you’ll enjoy this little masquerade!

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Du bleu, du blanc et du rouge / USPS 1997

Fin de semaine assez relax. Je pars donc de bonne humeur faire une escapade à la poste faire le plein de stickers. Surprise! les petits Priotity Mail ont changé. Design épuré, du bleu, du blanc et du rouge en trois bandes. Tout excité je crois à la sortie d’un nouveau modèle et en y regardant plus attentivement je lis 1997. L’espace d’un instant je frémis à l’idée d’entendre un “Oh l’touriste, il connait même pas les anciens modèles! Where where you in 97?”. Puis j’en chope un paquet et j’rentre tout content d’avoir un nouveau jouet. Une pêche rigolote à la pointe du revival 90’s. Dans mon esprit plein de petits drapeaux français personalisés à coller.



End of the week. In a good mood. I went to the post office to get some more stickers, thinking about the classic Priority Mail. Surprisingly they looked different. Three stripes: blue, white and red. To me this is a french flag. Formidable! At the first sight I thought it was a brand new model with a simple and very attractive design. After a second look I read 1997. It was just a bunch of old ones. No way to know that I’m here since a year. Anyway they are quite cool and certainly really trendy. It’s gonna be fun to stick this customizable french flags. Vive la France.

Nettoyage / Buff! Buff! Buff!

L’avantage des autocollants et des affiches c’est qu’on les prépare au chaud chez soi, sans trop de contrainte. Du coup on peut présenter quelque chose dans la rue dont on est à peu près satisfait. Parfois les gens n’aime pas ça. Ils trouvent ça moche ou peut être qu’ils ne supportent pas l’idée que l’objet collé sur le mur représente un acte non autorisé. Du coup ils arrachent la pièce pour retrouver un mur propre, un mur silencieux et rassurant.

Vous allez me dire que ça se tient. Perso ça me fait toujours un peu chier quand ça arrive trop tôt mais j’arrive à concevoir ce geste. Ma caboche bloque lorsque le petit bout de papier que j’ai collé soigneusement sur un support se retrouve a moitié arraché. Merde! J’ai bien insisté sur les angles, j’évite les bulles d’air, j’essaie que ça ait un minimum de gueule… alors j’attends de celui qui me nettoie d’y mettre autant de cœur et de gratter méticuleusement. Faut pas rêver! Ces gens si propre et si soigneux le sont rarement jusqu’au bout, il tombe vite dans la facilité du travail a moitié fait.  Le soucis avec le demi-arrachage c’est qu’on obtient un demi-sticker, plus trop lisible, tout moche, que les amateur d’étiquettes ne peuvent pas vraiment apprécier et que les maniaques  de  la propreté déteste encore plus.

Pour moi il est là le vandalisme, pas dans l’arrachage (quoique) mais dans cette pulsion maniaque et incohérente qui crée un nouvel objet qui n’a plus rien d’appréciable.

Tout ceci nous amène à ces deux images, une provenant de San Francisco, l’autre d’Oakland. Rien à voir avec les autocollants (pour une fois). En fait mon intro/coup de gueule est quasiment inutile vu que je ne voyais pas l’intérêt de montrer des étiquettes arrachées, ça se trouve facilement et ce ne sont pas des images qui me plaisent. En restant dans l’idée de nettoyage voici deux buff, deux nettoyages de graffiti qui m’ont bien fait rire. Ceux ci n’ont certainement pas été réalisé par des obsessionnels du mur blanc. J’imagine aisément qu’il s’agit ici de l’œuvre d’employés sous-payés qui ont de longues journées de travail qui se foutent totalement de ce qu’ils repassent.  Le hasard de leurs gestes, emplis d’un désintéressement profond, créé néanmoins de fascinantes images.



En y repensant ça me fait beaucoup penser aux questionnements soulevés par les peintures de Guillaume Mathivet dont j’avais été voir une petite expo il y a peut être deux ans. Quelques toiles dans une petites galerie. Un très bon souvenir. Toutes ces toiles tournaient autour de l’idée d’écriture (je suppose) repassée. Par des couleurs vives et lumineuses il soulignait cette acte qui crée la disparition d’une image et la destruction d’un message. Il y résidait un minimalisme qui créait comme une idée de lenteur ou du moins une pesanteur chaleureuse. J’aurais voulu m’étaler plus mais j’ai perdu la fraicheur de mon souvenir et je ne trouve pas grand chose sur Internet.

Avis aux connaisseurs, si vous avez des images a partager je suis preneur.

[Sorry fellows, no english translation this time. Next time the post will be way more open, way more international, so please keep me in your RSS 😉 ]

De retour / That’s a come back

Salut.

Cette fois j’avais vraiment déserté le blog. Ça fait plusieurs mois. Non pas par une décision ou une volonté précise, c’est juste arrivé comme ça. Plusieurs fois j’ai faillit balancer des petites séries de photos mais j’ai pas eu de vraie motiv et j’ai pas envie de me forcer, ça donne jamais rien qui ne vaille le détour. Aujourd’hui j’ai des choses à dire et à montrer.



Il y a quelques années, en 2006 si je compte bien, j’avais quasiment arrêté de coller, ça a duré plusieurs mois. Plus l’envie. Pourtant j’ai continuer a produire. Arrivé l’été, j’avais un stock de 3000 stickers. Que des insectes, toutes les tailles, toutes les couleurs. J’ai passé deux mois fabuleux à arpenter les rue de panam-l’étouffante; à profiter de la moindre occasion, du moindre quart d’heure de rabe pour faire des détours et recouvrir un peu plus. Mes semelles ont rapetissé d’un bon millimètre.

Je sais plus pourquoi je parle de ça… ah si, c’était pour dire que j’ai refait pareil cette été. Non j’ai pas collé 300 machins, toutefois j’ai produit plusieurs centaine d’autocollants, tout doucement, sans vraiment les coller. Au niveau de la démarche cette série était dans la continuations de mes bonshommes gesticulants, j’ai creusé la question un peu plus profondément et j’ai travaillé plus en détail. Mais j’ai surtout redécouvert le plaisir des premières fois. Ça m’a rappelé ce que je ressentait au tout début, innocent et bien au chaud caché sous mon ignorance et mes maladresse. Ce sentiment que j’ai doucement appris a connaitre, ce sentiment que j’avais faillit tuer à force de vouloir le dompter. Je ne parle pas de cette envie de tout connaitre et d’avaler la culture “art de rue” le plus vite possible, ce truc que beaucoup ont eu je pense, de consommer un maximum d’images, d’être tout foufou et d’en parler à chaque fois que l’occasion pointe son museau. Non, ce qui m’est réapparut c’est l’obsession de produire plus et de ne jamais être satisfait, ce coup de pied au cul constant que l’on possède quelques temps.

J’utilise souvent le mot produire, cette fois ci c’est pour insister sur l’idée que je découpe ma création en petites étapes. En gros à chaque fois que j’arrive à finir quelques autocollant j’en recommence le double; comme ça je cultive un sentiment d’incomplétude étrangement précieux. Je me stresse ne regardant la pile des “à moitié fait”. J’en termine quelques uns qui forment une nouvelle pile, celle du repos. Mes yeux s’y posent 8 bonnes secondes, je me sens léger, puis ils se refocalisent sur la pile précédente. Ainsi de suite. C’est devenu une addiction, j’en suis conscient et pourtant j’ai l’impression d’y être embourbé pour un moment. Beaucoup de choses se mêlent dans ma tête et se réunissent autour de ces petits corps dégingandés. Savoir que je m’investit autant a créer ces quelques objets insignifiants me réconforte. J’ai en moi cette impression flou de contrôler en partie ce paradoxe qui se balade entre l’utile et le futile. L’autre jour j’ai entendu “ce que je donne on ne pourra pas me le reprendre”, ça m’a fait sourire.

J’ai pas envie d’en dire plus. Le mois de septembre a eu son lot de mauvaises nouvelles et ça m’a désolé. Il y a aussi eu des bons moments et des rencontres intéressantes. Je suis pas d’humeur a stagner ça n’empêche pas de garder en mémoire ces histoires et ces bouts de vie partagés.

Donc voici une vidéo qui peut éveiller votre curiosité et peut être vous donner des idées. Amusez-vous!

Hi fellows!

Okay, okay, I have been a little bit lazy. I didn’t update since some months. No big deal, I had nothing great to speak about. Many times I tried but it was not really convincing, no need to force myself, this blog is just pleasure. Today I have stuff to show and to speak about, so I’m glad to share it with you.

Around 2006 I stopped sticking for many months. I lost my motivation or something like that… I don’t really know what happened. The only thing I know is that I kept making stickers all this time, I ended up with a couple of thousands; and during the summer I had two months to spend in my town (Paris). I used every opportunities to walk around and cover new streets. I guess I had to buy a new pair of shoes by September.

What was my point? Humm… Oh yeah, this summer was almost the same. I didn’t produce as much, but at least I would say 800 pieces. Slowly, step by step, methodically. They are not out yet… or may be just a couple of them. I kept the idea I had last year and tried to push it deeper. I had this crazy feeling, this fresh air you have when you have your first time, this feeling I felt when I made my first bugs. Something I lost years ago. I guess the more you try to describe this feeling the more you loose it. I’m not speaking about the excitement you can have when you discover the “street art” culture. The feeling I rediscovered was this need of always making more, pushing the production to an obsession.

This was a tough month, full of bad news. Some good things happened too but I don’t feel really talkative right now. I try to stay positive and come back to concrete creation without the usual blabla… in fact it’s just hard for me to speak in English at the end of the week.

Images talk by themselves, I hope you’ll enjoy them.