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East Bay 2007 / I hella love my town

East Bay 2007

Il était temps de mettre une pincée d’Amérique sur ce blog. On commence avec une petite série de photos prises dans la Bay Area (Berkeley, Oakland, San Francisco) pendant l’été 2007. A dire vrai j’étais un peu occupé à faire le touriste donc je me suis contenté des quelques stickers que je croisais, sans aller fouiller dans les recoins de la ville. Autant à Paris les stickers se retrouvent beaucoup sur les poubelles vertes (poteau, extérieur et maintenant même à l’intérieur) autant là bas ils s’agglutinent sur les distributeurs de journaux. Du tag, du logo et de l’humour… je vous laisse apprécier.

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I hella love my town

Okay guys. Time to show what kind of stickers you can see in the Area. A series from the summer 2007. Between Berkeley, Oakland and SF. To be honest I didn’t spent so much time looking at the street, I was too busy doing touristic shit. Sorry, it’s not a best of, just a quick view. Logos, tags and humor… enjoy!

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De Villeglé à la ville

De Villeglé à la ville

Ayè! On est lundi, ce qui achève un week-end end assez intense qui commence jeudi soir avec le collage d’une œuvre de Jacques Villeglé au M.U.R. ( Les détails sont chez Vito ). Villeglé? Pas si évident à prononcer ce nom. Mais attends c’est qui déjà? Ah ouais, une prof d’art plastique m’en avait parlé au lycée, quand je lui avais montré un de mes collages. Ça me rappelle aussi une soirée rigolote durant laquelle je m’étais retrouvé dans un appartement très bourgeois dont les fenêtres donnaient sur la Tour Eiffel (Pour de vrai, hein! Je ne te parle pas d’une vue que tu as du fin fond des toilettes sur la pointe des pieds). La famille était liée avec les Guggenheim, si je me souviens bien. Du coup ils avaient une jolie collection de peintures dont deux toiles de Villeglé. Ah! Et puis il y a Beaux Arts magazine qui lui consacre un article à l’occasion de sa rétrospective à Beaubourg. Bon bah j’ai lu son nom un peu partout finalement, ça ne m’empêche pas d’avoir toujours du mal à faire la liaison entre le « Ville » et le « glé ».

En fait c’est lui qui s’est amusé à arraché les affiches publicitaires dans la rue pour les maroufler sur toile. Ainsi il a fait des collages assez interessant, au sens où il créé des rencontres improbables entre des images et parfois des typographies. Un petit amoncellement d’affiches déchirées, recollées, superposées. Il est bien dans la tradition du collage ou ses éléments de base sont des visuels créés par d’autres qu’il recycle pour recomposer une image. Alors je ne suis pas un gros fan mais ça me parle, au sens où je vois ce type de collage directement dans la rue. J’ai en tête un panneau d’affichage (ci-dessous) vu dans un couloir de metro, Porte de Choisy, qui venait d’être nettoyé. On avait arraché beaucoup de couches d’affiches. Du coup de vieilles couleurs un peu démodées avaient refait surface. Du Villeglé créé par le hasard. Une image peut être pas aussi forte mais interessante alors qu’elle ne résulte pas d’une volonté artistique.

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Lorsqu’une affiche artistique à la chance de survivre quelques semaines dans la rue, même lorsqu’elle est partiellement déchirée, d’autres s’y greffent: par dessus, à coté, celles d’en dessous peuvent même réapparaitre. De fait le collage devient mouvant. On peut y ajouter les intempéries, l’usure de la ville et les interactions des passants. C’est ce plaisir de voir évoluer son travail, de le libérer, de l’offrir à la merci du temps et du nettoyage, qui me fait en partie comprendre l’art de cet artiste de 82 ans. Il recréé artificiellement le vécu d’un mur, en se servant de matériaux directement issu de la rue.

J’ai rarement eu le plaisir de voir une de mes affiches réellement survivre. Néanmoins j’ai en tête un collage qui date de début 2005. Un insecte rouge. En fait je l’avais peint pendant l’été 2004 puis je l’avais roulé et oublié. Je ne sais plus pourquoi mais j’avais la flemme de le coller. Un jour je suis retombé dessus. Je me suis dit qu’il méritait d’être un petit peu étoffé. Assez vite l’idée d’utiliser mon logo tel un blason, d’en faire une sorte d’armoiries, m’est apparue. Une branche de chaque coté, le nom au dessus, des couleurs simples et le tour est joué. L’affiche a trônée sur le mur d’une ancienne pharmacie pendant deux ou trois mois. D’un mur entièrement vierge on a pu voir passer les « Oui » et les « Non » à la constitution européenne, des publicité, des sorties d’albums, des spectacles, etc. J’ai pas pris beaucoup de photos à l’époque, j’ai juste ces quelques exemples. Ce qui m’a amusé c’est que les colleurs ont à peu prêt respecté mon collage. L’air de rien cet insecte triomphant m’a marqué, il m’a poussé à continuer à faire ce genre d’héraldique ( visibles ici: photo 39 à 64 ). Tiens, d’ailleurs ça serais marrant d’en refaire un à l’identique.

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Retournons à jeudi soir. Pour l’occasion je me replonge dans l’article de Beaux Arts magazine. Il joue sur la personnalité du monsieur. On retrouve une tradition chère aux historien/journaliste de l’art, celle de vendre un artiste en suivant certains codes qui séduisent le public (à lire -si je ne me trompe pas- l’ouvrage de Nathalie Heinrich La Gloire de Van Gogh ). Je résume grossièrement. L’image d’un artiste, même talentueux, qui aurait étudié et qui plairait à l’institution n’est pas très funky. Ça sent le premier de la classe. On préfère souvent créer un petit mythe qu’on retrouve dans beaucoup de biographies. L’artiste autodidacte qui révèle son talent par le plus grand des hasards, qui surprend des grands noms de la peinture, qui vit en retrait, exilé, qui revient finalement tel le compte de Monte Christo prouver à l’institution qui l’a ignoré trop longtemps qu’il mérite d’être sous les projecteurs; ce type de portrait devient presque un classique. On en arrive à nier la valeur du travail, de la réflexion au profit d’un heureux hasard. On y perd aussi le savoir faire qui s’enseigne pour souligner d’une façon faussement modeste l’idée qu’une étincelle de talent suffit à porter une carrière. Je trouve ça hyper infantile comme procédé. Comme si on allait se dire « T’imagine si en plus il avait eu la chance d’aller au Beaux Arts? T’imagine si on l’avait soutenu? ». Alors que souvent ces artiste dont on fait la biographie ont eu un parcours moins bohème et surtout ont produit des œuvres qui ne nécessitent pas d’être enrobées dans une histoire qui laisse à penser qu’il y a un potentiel encore plus exceptionnel derrière leur auteur. Personnellement je ne pense pas qu’un Super Saïan dorme au fond de chaque artiste. Bref, l’article du magazine n’est pas aussi radical mais il a quand même les deux pied dedans. Catherine Francblin, son auteur, joue sur le fait que Villeglé ait été plus ou moins laissé de coté par l’institution, elle le cite « Je suis assez content d’avoir eu l’institution contre moi ». Il se vante de n’avoir ni Bac ni formation artistique, plus discrètement l’article nous rappelle qu’il a fréquenté les Beaux Arts de Rennes. On nous parle de « voyous » et de « canaille » alors qu’il est issu de l’aristocratie bretonne. Personnellement je n’ai rien contre personne, tant que les gens s’assume. Ce qui me saoule c’est les gens qui portent des masques alors qu’on subit assez les clichés et les préjugés.

Après ce coup de gueule je vais avoir du mal à vous convaincre que je suis allé au M.U.R. de très bon cœur. Après tout ce n’est qu’un article, ça ne change en rien ce que j’ai pu éprouver en voyant ses toiles marouflées. En fait j’ai même appelé quelques personnes pour m’y accompagner. Encore une fois, l’artiste que je venais voir était celui connu pour ses décollages/recollages/recomposition d’affiches. Quel meilleur terrain que ce M.U.R. ? L’affiche précédente était celle de Pisa 73 et Evol. Et je pense qu’il y en avait quelques autres en dessous. Une action au cutter? Une sorte de performance où l’artiste arrache à même le mur pour y recoller. Tel un Tir de Nikki de Saint Phalle où la destruction partielle de l’œuvre participe à sa création? Je n’ose l’espérer. Au moins un collage en plusieurs couches ou un repassage. DÉCEPTION ! Rien de tout ça. Il n’a pas joué de son support alors qu’il est à la source même du matériau qui l’a rendu célèbre. Une affiche toute simple. Fond blanc, quelques coups de bombes, des typos assez bof. Bah ouais papy, on ne s’improvise pas artiste de rue. Tout comme je trouve que certains « street artists » ne se foulent pas lorsqu’ils changent de décor et qu’ils entrent en galerie. Si une œuvre d’art est en dialogue avec son temps elle est aussi en dialogue avec son espace, le cadre dans lequel elle est présentée. Vive les artistes qui cassent les barrières et se baladent d’un support à l’autre, mais qu’ils n’oublient pas de s’appliquer.

Pour le reste c’était assez amusant de voir d’un coté le « maître » à la figure des plus sympathique entouré de photographe et de curieux et de l’autre, face au mur, ses « assistants » dont un en costume (mon préféré) en train de coller son affiche sur les 8 mètre qu’offre cet espace. Il y avait presque une sorte d’insolence assez plaisante vis à vis de cette pratique qui me tient à cœur. Un pied de nez à l’audace qu’ont parfois les artistes de rue.

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Comme la longueur de ce texte peut le montrer, cette déception m’a quand même inspirée. C’est là que l’art est intéressant, lorsqu’il nous montre qu’il est capable de nous faire décoller de l’image pour stimuler notre imagination et nous plonger dans une rêverie teintée de quelques réflexions. Je comparerais ce moment aux quelques heures passées sur l’autoroute ce week-end, plutôt inintéressante en tant que tel, mais définitivement utile puisqu’elle m’ont amené à vivre quelques chose d’assez intense.

Je viens de finir mon texte et je découvre sur l’Ekoblog de Vito (décidément) que l’affiche a été dérobée . Bien sure je condamne ce genre de gestes. Pas parce qu’on a touché à son œuvre, ce qui est dans la rue appartient à la rue. Mais parce que ses auteurs sont allés trop loin ou pas assez. Quitte à l’arracher autant en faire du Villeglé et la recomposer, la recoller, en jouer. C’est comme le mec qui déclare avoir pissé dans l’urinoir de Duchamp et qui s’est en fait dégonflé pour y verser du thé! Mais là je ne vais même pas chercher à y voir un geste artistique, c’est évident qu’il s’agit juste d’argent, ou du moins d’une appropriation d’une œuvre qui était destiné au plus grand nombre. La victoire de l’individualisme sur la générosité du geste artistique me révolte toujours.

J’ai pas réussit à faire des photos géniales mais j’ai fait une vidéo. Juste besoin de temps pour la monter afin d’illustrer ce texte.

(Sorry guys, no translation this time. I’m a lazy person and pretty busy these days.)

Gros plan sur Shida / Focus on Shida

Gros plan sur Shida

Allez, on continue dans la série de portrait. Printemps 2007. Quelques stickers assez discrets. J’en ai croisé peu mais ils m’ont tous marqué. Le premier c’était du coté de Pont Marie, dans une petite rue. J’ai aussi souvenir d’un panneau de circulation Ile de la Cité. Ah ouais, et puis un autre boulevard Saint Michel.

Shida, un blase simple mais qui m’était inconnu. De plus en plus d’artistes de rue se trouvent être des graphistes. Je ne sais pas si il en est un ou si il a subit leur influence, mais il y a une vraie efficacité dans ses images. Quelques chose de séduisant, sans tomber dans la facilité. Pourtant j’ai souvent du mal a apprécier ce genre de visuels. Les gouts , les couleurs, c’est jamais facile à faire comprendre. En tous cas c’est peut être le fait que ce soit fait au feutre qui me plait, alors que mes aprioris s’attendent à voir ce genre de dessin vectorisé et imprimé. Un dessin simple qui a un parfum d’enfance. Pourtant il est exécuté en une ligne et il reste équilibré. Le genre d’image qui stimule mon imagination. J’accroche souvent avec les images simples, infantiles et exécutées avec précision.

Shida. J’en pas vu des tonnes. Quelques uns, sur la même période. Un touriste surement. Un bon petit kiffe, avec sa dose de mystère, d’inconnu. Une présence rare qui lui donne une petite aura.

A vrai dire, après coup j’ai cherché à avoir des infos dessus. Et j’ai trouvé son fotolog http://www.fotolog.com/shida_one/ . Là le mystére s’est brisé, et l’aura s’est estompée. J’aurais du me contenter de ce que m’offrait la rue. Il semble être japonais. En regardant ses productions je me suis rendu compte que ce que j’aime chez lui n’est pas représentatif de son travail. J’trouve ça étrange. En général on s’attend à être agréablement surpris. Une petite déception mais qui n’enlève rien au plaisir que j’ai eu à le découvrir. Bref, trois photos pour traduire un coup de cœur.

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Focus on Shida

One more portrait. Spring 2007. A couple of discrete stickers. The first one was in the center of Paris, in a little street close to Pont Marie. Another on a road sign Ile de la Cité. Oh and I almost forgot a little one boulevard Saint Michel.

Shida. A simple name, totally unknown to me. I feel that more and more street artists are also graphic designers. I don’t know if it’s the same for him or if he has just been influenced by them, but there is something really efficient in his images without being too easy. Perhaps this balance come form the fact that my apriorisms expect this kind of visuals to be made on computers. Here, the childish drawing, hand-made, with only one line, stands well. This kind of image stimulate my imagination. I guess that’s in accordance with my tastes: a well made simple stuff.

Shida. I have not seen so much. Just a few on the same period. This guy was certainly a tourist. His stickers were always a real pleasure. Mysterious and unknown. Pretty rare which give them a little aura.

I have to admit that I finished by looking for him on the web. I found his blog http://www.fotolog.com/shida_one/ . I broke the mystery. The aura get blurred. I should have taken only what the street gave me. He seems to be Japanese. Looking at his productions I noticed that what I liked in him was not representative of his art. I find it pretty weird. Usually when you find someone’s blog, someone you like, you’re expecting some nice surprises. I was disappointed but it didn’t change at all the crush that I had on his little creatures. Three pictures to show my non-objective vision of his work.

Immortelles empreintes / Little ritual

Immortelles empreintes

Hop! un petit post rapide. Un retour d’une session sympathique, entre amis, un après-midi de septembre, qui avait pour but de plonger Paris sous les sticks. Un de nous avait branché son podomètre, 16km à zigzaguer dans la capitale. De Jussieu à Denfert, en passant par les Grands Boulevards et Saint Germain, sans oublier le Sentier. Du grand n’importe quoi. Une sorte de long moment totalement abstrait. Une balade très plaisante et difficilement explicable. Rien de tel!

Sans contrainte, par pur plaisir du collage et aussi pour se retrouver. A force de se laisser aller à ses désirs on fini par refaire les mêmes gestes. Après tout nos envies se ressemblent souvent. Depuis ma première balade à plusieurs il y a un petit rituel inévitable et de tout ceux que j’ai rencontré quasiment personne n’y échappe. Après avoir apposé sa marque un besoin impulsif pousse son auteur à la photographier, histoire de garder un souvenir de son empreinte (ou de celle d’un autre), une photo qui devient une petite mise en abime de la trace.

Certains se souviennent peut être d’un grand type (pas de nom) dégingandé immobile, dans une position improbable, qui prend son temps (une minute, une vraie minute) pour cadrer parfaitement le haut d’une poubelle. Un passant arrêté posté derrière lui qui le scrute comme une bête étrange « Mais que fait-il? ».

Salutations distinguées à Akso, Phot, Gabri l’Cabri, Flytox et 3615!

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photo 4 / Credit photo: Dubwise

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Little Ritual

Just a quick post. A little feedback from a smooth September afternoon. A sticker session with friends, all with the same goal: to put ‘Paris sous les sticks’. Someone had a pedometer, we walk 10 miles zigzagging into the city, for once we even went in the south (which is not easy for my friends). A long abstract moment, with only one motivation: the pure pleasure. So sweet and so hard to describe. Like says George Clooney « What else ?! ».

With the time going I noticed something that almost no one can avoid. Right after putting a sticker somewhere its author often have to take a picture. A memory of a mark (his own or someone else’s), that we could call a meta-trace.

Best wishes to Gabri l’Cabri, Phot, Akso and 3615!

Ephéméroptère / Eternally unstickable

Ephéméroptère

Depuis quelques temps on a comme l’impression que la pub s’approprie l’esthétique urbaine et que le bourgeois s’encanaille. On peut le voir au niveau du graffiti avec des pubs super idiotes, comme celles pour 1664, les crêpes Wahou, ou encore Virgin « Get Busy ». Mais on constate aussi ce recyclage dans les outils employés, qui ont tendance à devenir ceux utilisés généralement par la culture de rue. Là je pense principalement aux pochoirs au sol qui annoncent maintenant la sortie d’album de musique et aussi les stickers, souvent pour des albums de rap et pour plein d’autres conneries. La pub, qui ne se gène pas pour modifier nos paysages avec des affichage de masse parfois illégaux essaie de ne pas franchir la ligne du vandalisme, enfin je devrais plutôt dire qu’elle cherche à faire du vandalisme « gentil »: affiches agrafées, peinture mais juste au sol, autocollants… Elle ne se soucie pas de rester des lustres, le but c’est d’être vue dans l’instant puis consommée.

En même temps, est ce aussi manichéen? Est ce que c’est le vilain monde de la publicité qui est venu sucer la nuque des innocentes cultures urbaines? Je pense qu’il y a plein d’échanges et de mélanges entre ces deux mondes. Après tout, les peintres ont depuis longtemps su recycler les outils que la société industrielle mettait à leur disposition. Pour ne prendre qu’un seul exemple on peut penser à l’emploie de la peinture acrylique qui est passé de l’industrie à une utilisation artistique. Un exemple qui nous concerne plus est l’emploie des autocollants. A l’origine on les trouvait un peu partout sur les objets manufacturés, sur les emballages ou encore à titre signalétique. On peut également penser aux bombes aérosols qui existaient bien avant le graffiti. Bref, ça ne va pas que dans un sens. En fait le changement que je remarque depuis ces dernières années c’est que la pub, cet outils capitaliste qui était déjà bien présent dans nos rue, s’attaque désormais aux (petit) supports utilisés habituellement par les colleurs d’autocollants.

Il y a un an ou deux Dim (les slips) avait lancé une petite campagne dans les rues parisiennes. En quelques jours on a vu apparaître sur nos murs, nos cabines téléphoniques et nos gouttières un charmant sourire coincé entre une frange et une bretelle de soutien gorge. Un sticker? Pas vraiment. C’est ça qui était rigolo, c’est que l’objet était une petite étiquette au dos plastifié. Un plastique apparemment spécial, dont la conception me dépasse, mais qui avait pour propriété d’adhérer au surfaces (surtout lisses) et d’être repositionnable à l’infini. Vu que ces « re-collants » squattaient les mêmes spots que les autocollants j’ai vite pris l’habitude de les récupérer… puis même de les chasser. A force j’en ai eu une petite quarantaine. C’est marrant comme les gens qui ont les mêmes pratiques développent les même réflexes. En en parlant plus tard j’ai appris que d’autres acteurs du monde du sticker avaient leur petite collec’.

Dans cette idée de récupération à ramification, je me suis dis qu’il fallait bien en faire quelque chose. L’idée n’est pas compliquée, j’ai juste récupéré l’objet que j’ai transformé à l’effigie de mon insecte. Outre le recyclage d’un outil publicitaire, ce ré-emploie permet de se jouer de plusieurs aspect du collage, puisqu’il y insère la possibilité de décoller sans détruire. Que ce soit l’appropriation du lieu, sa dégradation potentielle, le rapport au spectateur et peut être aussi le rapport aux collectionneurs/arracheurs.

J’ai remarqué que les critiques négatives vis à vis du stickers (et même celles concernant les affiches) sont plus liées au caractère transgressif « Vous avez une autorisation pour faire ça? » plutôt que sur ce que rerésente l’image. C’est le geste qui dérange. Et l’audace de celui qui l’ose. C’est le fait d’apposer sa marque de façon presque indélébile (on s’entend bien, ça reste extrêmement relatif) qui gène plus que la marque elle même. D’ailleurs on retrouve ça avec les tags; 3615 peut en parler beaucoup mieux que moi. Les tags à la craie ont tendance à rester assez longtemps. Alors qu’un coup de marqueur va être nettoyé systématiquement. C’est le caractère potentiellement éphémère qui donne donc à l’inscription son indélébilité. Je trouve ça toujours fou de voir à quel point les gens sont conditionnés, jusqu’à ne plus être capables de voir une image et de n’y voir plus que son statut. Alors voilà; je tente l’experience du sticker « gentil » et non transgressif qui se joue de toutes ces questions. Pour l’occasion je vais même baptiser ce nouvel objet: autocollant à la craie.

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Eternally unstickable

Okay guys, I’m pretty lazy to make a real translation of my text. Let say that since a while, advertising companies seem to enjoy recycling street cultures. First of all you can see it by the direct use of Graffitis in ads, most of the time in a stupid way. But something which is more interesting to me is the apparition of a new kind of campaign. This time advertising companies use tools usually owned by the street cultures. Now you can often see stencils to announce a new music album, stickers for a hip hop mixtape and a lot of other bullshit. Ads which don’t hesitate to change our landscapes with their tones of billboards (sometimes illegally) are still too shy to pass the border of street vandalism. Or should I say that ads decided to do vandalism but in a light way. They use paint only on the floor, clasped posters, stickers…Their goal is not to stay a long time, it’s just to be seen on the moment to be consumed right after.

Is the absorption of a culture by another so Manichean? I think that there are a lot of connexion, in many ways between underground cultures and advertising methods. In a larger way you can notice a lot of exchange between industry and art, like the use of acrylic paint by artists. My point is that for a while ads are taking the spots which were used by sticker artists, the little spots that no one care usually. The purpose of this text is linked with a particular object, made for an advertising campaign. It’s looking like a stickers, but the back is not glued, it’s a weird plastic. I don’t know how but this plastic is able to adhere to any surfaces (especially the flat ones). You can take it off and on again, as soon as it’s clean it keep working.

Two years ago, Dim (an underwear brand) started putting these plastic-stickers on phone booths, gutters, posts. I noticed them quickly, because there were exactly where my eyes look (hoping to see new stickers). So I started hunting them. Actually I heard later that other people who make stickers had a collection of them.

In this idea of multi-recycling culture, I thought I had something to do with it. The idea was pretty simple. I just put my logo on them. Because these objects can be removed without being destroyed, it’s a way to play with the (sociological/artistic) questions of appropriation of a place, its potential deterioration, relationship with a public, relationship with collectors/tearer, the ephemeral, the trace.

Doing my stuff I noticed that most of the negative criticisms were coming from the act of transgression, more than the image itself « who allowed you to stick it there? ». The gesture annoys the critic as much as the audacy of the one who dare doing it. People don’t seem to be so much pissed by the mark/track/trace. Nothing but its statute seems to interest them. Our dear 3615 can speak about it way better than me, chalk tag can stay forever whereas ink ones which are removed in a couple of days. I’m always amazed by how people can be conditioned, until not being able to look at an image without seeing anything but a transgression. Finally the ephemeral potential of an image gives it all it’s indelebility. In this spirit I decide to baptize my re-use of the Dim plastic stickers: Chalk-stickers!