Monthly Archives: September 2008

Gros plan sur Hao / Focus on Hao

Gros plan sur Hao

Voilà, il est temps d’être moins narcissique et d’ouvrir ce blog à d’autres faiseurs de stickers. Comme j’ai essayé de le montrer dans les autres articles, j’ai un vrai attachement à l’autocollant en tant qu’image mais aussi en tant qu’objet. C’est comme ça que je les regarde, en m’en approchant, en en appréciant les finesses et en les touchant. C’est pourquoi mes photos se focalisent sur les détails, par des gros plan, plutôt que d’utiliser des plans larges. J’ai tendance à privilégier les portraits aux photos de famille. C’est aussi ce qui me pousse aujourd’hui à porter mon intérêt sur des acteurs de ce petit mouvement et surtout sur leur individualité. Toujours dans cette idée de gros plan on va tenter de faire une série de portraits, une vision qui est de fait réductrice puisqu’elle ne se penche que sur l’activité stickers des artistes choisis juste en quelques photos. Alors on va jeté des fleurs, mais on va surtout essayer de partager un kiffe!

Aujourd’hui j’ai nommé… Hao. Je commence par lui tout simplement parce que c’est le premier que j’ai rencontré en personne. C’est un pocheur avant tout, mais parce qu’on est sur ce blog je vais réduire mon intérêt aux supports autocollants.

Quand j’ai commencé à m’interesser à cette pratique, je suis assez vite tombé sur un des siens. Il était dans le 6ème, une tête de profil au look Rock n’Roll qui était restée intacte un petit bout de temps. Une fois cette image en tête j’en ai vite repéré d’autres.

Il y a plusieurs raisons qui me rendent assez fan de son boulot. En fait c’est souvent ces mêmes raisons qui me font apprécier d’autres artistes. La première c’est que sa production s’inscrit dans la longueur. Au final il est constamment présent depuis plusieurs années, ça change des épiphénomènes qui collent pendant deux semaines et qui disparaissent. Aussi parce qu’on voit qu’il y a tout un processus de création pour arriver au résultat. Plusieurs pochoirs pour chaque stickers, même le fond a des motifs, finalement ça donne trois voire quatre couleurs. Hey! Ça paraît peut être bête mais ça compte, ça rend l’objet beaucoup plus précieux qu’un truc imprimé par une machine. Surtout que le dessin est propre, bien précis. Enfin ce que j’aime ce sont ses références (musicales/graphique, j’vais pas m’aventurer à les définir), tout simplement parce que c’est pas ma culture mais que j’arrive à les apprécier.

Bref, chapeau l’artiste!

Donc voici cinq stickers, juste un échantillon, j’ai essayé de faire varier les modèles et leur usure.

profil

tiki

exoticabrun

masque

exoticavert

Focus on Hao

It’s time to open this blog to its core: sticker artists. I certainly already said it, may be not enough: I’m a huge fan of stickers. First of all for the image: the drawing, the logo, the colors… But also for the object itself. I like the idea of something created, from a blank piece of paper to the stuck piece in the street. I like to see it getting older with injuries, scars and rents. That’s the way I look at them, getting closer, appreciating the details and the particularities. That’s why my pictures are focusing on one sticker at the time. I prefer using close-up than large views. In another way we could say that I prefer portraits than family pictures. With the same idea, I want to zoom on some artists, to look at them through a few series of pictures, to underline their particularities. Of course I’m going to select people of whom I appreciate the work, therefore I’m going to be nice. We have so much opportunities to hate that it could be fun, for once, to share some good feelings.

Today the spotlight is on Hao. I start my series of portraits by him, mostly because he is the first one I met for real. He is first of all a stencil artist. But here we’ll be reductive, we’ll speak only about his stickers (for all the rest you can use Google).

I remember the first sticker I saw made by him. It was a head, seen in profile, Rock n’Roll style. It was stuck just in front of my high school and it staid there for a several time. Once I got this image in my mind I kept seeing it around.

There are various reasons which make me fan of his work. Actually it’s most of the time the same reasons which make me fan of someone else’s stickers. First his stickers had been here a long time ago. He is this kind of constant guy, which is way better than all this epiphenomena disappearing of the street after a couple of week. Also because all the creating process is visible. You can appreciate the different layers of the stencil and even the pattern of the background. The drawing is always really clean and precise, in two, three or four colors. Yeah! It can look silly but it make sense, it gives all its value to the sticker, it makes it way more precious that something printed with a machine. Finally I like Hao’s universe, it’s full of graphic and musical references to the past.

Big up buddy!

So here you can see five examples, just a sample, showing different models at different ages.

Du Panini au Malabar / Let’s keep it childish (2/2)

Du panini au malabar / Let’s keep it childish (2/2)

Souvent quand je passe devant un collège j’aperçois autour des tags au marqueur Conté ou au Véléda. Des trucs vite fait. Des blases idiots, même des prénoms ou encore des insultes. Qu’on appelle ça Crack ou Toy, à ce niveau là j’y vois juste un geste spontané. Une signature sans prise de tête. Un truc brouillonné la veille, bien loin de se demander s’il faut le poster sur le net, si ça ressemble plus a un tag de New York ou de São Paulo, si on va capter qu’le « S » a été pompé sur untel. Un geste gratuit, que même l’auteur ne prend pas au sérieux. Un geste qui va souvent être oublié en grandissant.

[ D’un coup j’ai en tête une interview de Blek le Rat, où il parle de ses retour de l’école, une craie à la main qui trace une longue ligne sur son chemin http://fr.youtube.com/watch?v=B2D1kFS9TY4 ]

J’ai parlé de blases idiots, je crois. En fait ce sont mes préférés. Des petits tags locaux dont on ne parle jamais. Même ceux qui les font passent à autre chose au bout d’un mois. Pour moi c’est l’essence même des formes d’arts de rue. Quelque chose de naturel et de simple, qui ne se pose aucune question, accomplie instinctivement. Forcément, plus on s’y intéresse plus on y perd le naturel. Après on essaie de le combler par une culture. On essaie de se nourrir du naturel des autres. C’est exactement ce que je fais maintenant.

Depuis environ deux ans Malabar offre à nouveau des tatouages éphémères avec ses chewn-gum. Et depuis j’ai un nouveau plaisir. Un truc complétement idiot. Un de ces trucs dur a expliquer aux autres. Un plaisir égoïste et gratuit.

Dans les rues de Paris, on peut voir les fameux tatoo Malabar collé sur les murs, à la hate. Une connerie de gosse faite sur le chemin entre la boulangerie et le parc. J’adore ça. J’vois ça comme une version plus jeune des tags collegiens. J’me dis que dans le lot certains y prendront goût. J’me dis aussi qu’y aura de la relève pour coller des stickers d’ici peu.

[ http://www.fotolog.com/deace/32744927 à croire que Malabar a aussi pensé au coté Street de ses tatoos]

Mais mon vrai plaisir est un peu plus rare, plus discret. Il arrive que le tatoo soit posé, sans qu’on est retiré le papier. Comme une grenade encore goupillée. Comme un Banco qu’on aurait jeté sans le gratter. J’en ai remarqué plusieurs à force de scruter les stickers sur les poubelles et les gouttières. Depuis je les chasse plus ou moins. Ça paraît peut être ridicule, mais ça me rend tout foufou de décoller le papier abandonné sur le mur et de découvrir l’image qui s’y cache.

tatoo1

tatoo2

tatoo3

Let’s keep it childish (2/2)

When I wander around High Schools I often see some graffitis made with basic markers, some crazy nicknames, sometimes it’s just first names or even gross words. You can call it crack or toy. I’d rather call this spontaneity. A quick signature which doesn’t care about being on Flickr or Wooster, which doesn’t think about its style, which doesn’t have a real importance for its author. Most of the time the author will even forget about it.

[ That remind me a really well done interview of Blek le Rat speaking about his way back home after school, leaving a long chalk-line on walls http://fr.youtube.com/watch?v=B2D1kFS9TY4 ]

This graffitis can look like stupid things. They certainly are. Where did I read « stupid people do stupid things »? Can I say that stupid people love stupid things? Never mind, this shit is what I love. That’s the core of every form of art you can find in the street. A natural and simple act, purely instinctive, wich got for only goal to be itself.

Since a couple of years Malabar, a chewn-gum brand gives a fake tatoo inside of its product. This is at the origin of a new pleasure I have. Something really selfish. Something hard to explain.

Sometimes you can see on walls these tatoos, I noticed it while I was seeking for new stuff on walls. Someone put them here, quickly, they are often kinda low. A childish act, made between the bakery and the park, something done during the snack time, during this moment of freedom, as a mark of simple pleasure. I believe that among all these kids doing it instinctively, some will keep this sensation and make stickers or posters later. There is still some hope for our activity.

[ http://www.fotolog.com/deace/32744927 seeing that Malabar doesn’t hesitate to still a real graffiti to make its new collection I start to believe that they took concience of the Street potential of there tatoos ]

In fact my real pleasure is even more rare and discret. It happens that the tatoo is abandonned on the wall with its protective layer. Like a grenade still armed. My darling sin is to take of this layer and discover the image wich was hidden under. To me it’s like putting a turtle back on its feet.

tatoo4

tatoo5