Monthly Archives: September 2008

De Villeglé à la ville

De Villeglé à la ville

Ayè! On est lundi, ce qui achève un week-end end assez intense qui commence jeudi soir avec le collage d’une œuvre de Jacques Villeglé au M.U.R. ( Les détails sont chez Vito ). Villeglé? Pas si évident à prononcer ce nom. Mais attends c’est qui déjà? Ah ouais, une prof d’art plastique m’en avait parlé au lycée, quand je lui avais montré un de mes collages. Ça me rappelle aussi une soirée rigolote durant laquelle je m’étais retrouvé dans un appartement très bourgeois dont les fenêtres donnaient sur la Tour Eiffel (Pour de vrai, hein! Je ne te parle pas d’une vue que tu as du fin fond des toilettes sur la pointe des pieds). La famille était liée avec les Guggenheim, si je me souviens bien. Du coup ils avaient une jolie collection de peintures dont deux toiles de Villeglé. Ah! Et puis il y a Beaux Arts magazine qui lui consacre un article à l’occasion de sa rétrospective à Beaubourg. Bon bah j’ai lu son nom un peu partout finalement, ça ne m’empêche pas d’avoir toujours du mal à faire la liaison entre le « Ville » et le « glé ».

En fait c’est lui qui s’est amusé à arraché les affiches publicitaires dans la rue pour les maroufler sur toile. Ainsi il a fait des collages assez interessant, au sens où il créé des rencontres improbables entre des images et parfois des typographies. Un petit amoncellement d’affiches déchirées, recollées, superposées. Il est bien dans la tradition du collage ou ses éléments de base sont des visuels créés par d’autres qu’il recycle pour recomposer une image. Alors je ne suis pas un gros fan mais ça me parle, au sens où je vois ce type de collage directement dans la rue. J’ai en tête un panneau d’affichage (ci-dessous) vu dans un couloir de metro, Porte de Choisy, qui venait d’être nettoyé. On avait arraché beaucoup de couches d’affiches. Du coup de vieilles couleurs un peu démodées avaient refait surface. Du Villeglé créé par le hasard. Une image peut être pas aussi forte mais interessante alors qu’elle ne résulte pas d’une volonté artistique.

panneau

Lorsqu’une affiche artistique à la chance de survivre quelques semaines dans la rue, même lorsqu’elle est partiellement déchirée, d’autres s’y greffent: par dessus, à coté, celles d’en dessous peuvent même réapparaitre. De fait le collage devient mouvant. On peut y ajouter les intempéries, l’usure de la ville et les interactions des passants. C’est ce plaisir de voir évoluer son travail, de le libérer, de l’offrir à la merci du temps et du nettoyage, qui me fait en partie comprendre l’art de cet artiste de 82 ans. Il recréé artificiellement le vécu d’un mur, en se servant de matériaux directement issu de la rue.

J’ai rarement eu le plaisir de voir une de mes affiches réellement survivre. Néanmoins j’ai en tête un collage qui date de début 2005. Un insecte rouge. En fait je l’avais peint pendant l’été 2004 puis je l’avais roulé et oublié. Je ne sais plus pourquoi mais j’avais la flemme de le coller. Un jour je suis retombé dessus. Je me suis dit qu’il méritait d’être un petit peu étoffé. Assez vite l’idée d’utiliser mon logo tel un blason, d’en faire une sorte d’armoiries, m’est apparue. Une branche de chaque coté, le nom au dessus, des couleurs simples et le tour est joué. L’affiche a trônée sur le mur d’une ancienne pharmacie pendant deux ou trois mois. D’un mur entièrement vierge on a pu voir passer les « Oui » et les « Non » à la constitution européenne, des publicité, des sorties d’albums, des spectacles, etc. J’ai pas pris beaucoup de photos à l’époque, j’ai juste ces quelques exemples. Ce qui m’a amusé c’est que les colleurs ont à peu prêt respecté mon collage. L’air de rien cet insecte triomphant m’a marqué, il m’a poussé à continuer à faire ce genre d’héraldique ( visibles ici: photo 39 à 64 ). Tiens, d’ailleurs ça serais marrant d’en refaire un à l’identique.

rouge 1

rouge 2

rouge 3

rouge 4

Retournons à jeudi soir. Pour l’occasion je me replonge dans l’article de Beaux Arts magazine. Il joue sur la personnalité du monsieur. On retrouve une tradition chère aux historien/journaliste de l’art, celle de vendre un artiste en suivant certains codes qui séduisent le public (à lire -si je ne me trompe pas- l’ouvrage de Nathalie Heinrich La Gloire de Van Gogh ). Je résume grossièrement. L’image d’un artiste, même talentueux, qui aurait étudié et qui plairait à l’institution n’est pas très funky. Ça sent le premier de la classe. On préfère souvent créer un petit mythe qu’on retrouve dans beaucoup de biographies. L’artiste autodidacte qui révèle son talent par le plus grand des hasards, qui surprend des grands noms de la peinture, qui vit en retrait, exilé, qui revient finalement tel le compte de Monte Christo prouver à l’institution qui l’a ignoré trop longtemps qu’il mérite d’être sous les projecteurs; ce type de portrait devient presque un classique. On en arrive à nier la valeur du travail, de la réflexion au profit d’un heureux hasard. On y perd aussi le savoir faire qui s’enseigne pour souligner d’une façon faussement modeste l’idée qu’une étincelle de talent suffit à porter une carrière. Je trouve ça hyper infantile comme procédé. Comme si on allait se dire « T’imagine si en plus il avait eu la chance d’aller au Beaux Arts? T’imagine si on l’avait soutenu? ». Alors que souvent ces artiste dont on fait la biographie ont eu un parcours moins bohème et surtout ont produit des œuvres qui ne nécessitent pas d’être enrobées dans une histoire qui laisse à penser qu’il y a un potentiel encore plus exceptionnel derrière leur auteur. Personnellement je ne pense pas qu’un Super Saïan dorme au fond de chaque artiste. Bref, l’article du magazine n’est pas aussi radical mais il a quand même les deux pied dedans. Catherine Francblin, son auteur, joue sur le fait que Villeglé ait été plus ou moins laissé de coté par l’institution, elle le cite « Je suis assez content d’avoir eu l’institution contre moi ». Il se vante de n’avoir ni Bac ni formation artistique, plus discrètement l’article nous rappelle qu’il a fréquenté les Beaux Arts de Rennes. On nous parle de « voyous » et de « canaille » alors qu’il est issu de l’aristocratie bretonne. Personnellement je n’ai rien contre personne, tant que les gens s’assume. Ce qui me saoule c’est les gens qui portent des masques alors qu’on subit assez les clichés et les préjugés.

Après ce coup de gueule je vais avoir du mal à vous convaincre que je suis allé au M.U.R. de très bon cœur. Après tout ce n’est qu’un article, ça ne change en rien ce que j’ai pu éprouver en voyant ses toiles marouflées. En fait j’ai même appelé quelques personnes pour m’y accompagner. Encore une fois, l’artiste que je venais voir était celui connu pour ses décollages/recollages/recomposition d’affiches. Quel meilleur terrain que ce M.U.R. ? L’affiche précédente était celle de Pisa 73 et Evol. Et je pense qu’il y en avait quelques autres en dessous. Une action au cutter? Une sorte de performance où l’artiste arrache à même le mur pour y recoller. Tel un Tir de Nikki de Saint Phalle où la destruction partielle de l’œuvre participe à sa création? Je n’ose l’espérer. Au moins un collage en plusieurs couches ou un repassage. DÉCEPTION ! Rien de tout ça. Il n’a pas joué de son support alors qu’il est à la source même du matériau qui l’a rendu célèbre. Une affiche toute simple. Fond blanc, quelques coups de bombes, des typos assez bof. Bah ouais papy, on ne s’improvise pas artiste de rue. Tout comme je trouve que certains « street artists » ne se foulent pas lorsqu’ils changent de décor et qu’ils entrent en galerie. Si une œuvre d’art est en dialogue avec son temps elle est aussi en dialogue avec son espace, le cadre dans lequel elle est présentée. Vive les artistes qui cassent les barrières et se baladent d’un support à l’autre, mais qu’ils n’oublient pas de s’appliquer.

Pour le reste c’était assez amusant de voir d’un coté le « maître » à la figure des plus sympathique entouré de photographe et de curieux et de l’autre, face au mur, ses « assistants » dont un en costume (mon préféré) en train de coller son affiche sur les 8 mètre qu’offre cet espace. Il y avait presque une sorte d’insolence assez plaisante vis à vis de cette pratique qui me tient à cœur. Un pied de nez à l’audace qu’ont parfois les artistes de rue.

costume villegle

Comme la longueur de ce texte peut le montrer, cette déception m’a quand même inspirée. C’est là que l’art est intéressant, lorsqu’il nous montre qu’il est capable de nous faire décoller de l’image pour stimuler notre imagination et nous plonger dans une rêverie teintée de quelques réflexions. Je comparerais ce moment aux quelques heures passées sur l’autoroute ce week-end, plutôt inintéressante en tant que tel, mais définitivement utile puisqu’elle m’ont amené à vivre quelques chose d’assez intense.

Je viens de finir mon texte et je découvre sur l’Ekoblog de Vito (décidément) que l’affiche a été dérobée . Bien sure je condamne ce genre de gestes. Pas parce qu’on a touché à son œuvre, ce qui est dans la rue appartient à la rue. Mais parce que ses auteurs sont allés trop loin ou pas assez. Quitte à l’arracher autant en faire du Villeglé et la recomposer, la recoller, en jouer. C’est comme le mec qui déclare avoir pissé dans l’urinoir de Duchamp et qui s’est en fait dégonflé pour y verser du thé! Mais là je ne vais même pas chercher à y voir un geste artistique, c’est évident qu’il s’agit juste d’argent, ou du moins d’une appropriation d’une œuvre qui était destiné au plus grand nombre. La victoire de l’individualisme sur la générosité du geste artistique me révolte toujours.

J’ai pas réussit à faire des photos géniales mais j’ai fait une vidéo. Juste besoin de temps pour la monter afin d’illustrer ce texte.

(Sorry guys, no translation this time. I’m a lazy person and pretty busy these days.)

Gros plan sur Shida / Focus on Shida

Gros plan sur Shida

Allez, on continue dans la série de portrait. Printemps 2007. Quelques stickers assez discrets. J’en ai croisé peu mais ils m’ont tous marqué. Le premier c’était du coté de Pont Marie, dans une petite rue. J’ai aussi souvenir d’un panneau de circulation Ile de la Cité. Ah ouais, et puis un autre boulevard Saint Michel.

Shida, un blase simple mais qui m’était inconnu. De plus en plus d’artistes de rue se trouvent être des graphistes. Je ne sais pas si il en est un ou si il a subit leur influence, mais il y a une vraie efficacité dans ses images. Quelques chose de séduisant, sans tomber dans la facilité. Pourtant j’ai souvent du mal a apprécier ce genre de visuels. Les gouts , les couleurs, c’est jamais facile à faire comprendre. En tous cas c’est peut être le fait que ce soit fait au feutre qui me plait, alors que mes aprioris s’attendent à voir ce genre de dessin vectorisé et imprimé. Un dessin simple qui a un parfum d’enfance. Pourtant il est exécuté en une ligne et il reste équilibré. Le genre d’image qui stimule mon imagination. J’accroche souvent avec les images simples, infantiles et exécutées avec précision.

Shida. J’en pas vu des tonnes. Quelques uns, sur la même période. Un touriste surement. Un bon petit kiffe, avec sa dose de mystère, d’inconnu. Une présence rare qui lui donne une petite aura.

A vrai dire, après coup j’ai cherché à avoir des infos dessus. Et j’ai trouvé son fotolog http://www.fotolog.com/shida_one/ . Là le mystére s’est brisé, et l’aura s’est estompée. J’aurais du me contenter de ce que m’offrait la rue. Il semble être japonais. En regardant ses productions je me suis rendu compte que ce que j’aime chez lui n’est pas représentatif de son travail. J’trouve ça étrange. En général on s’attend à être agréablement surpris. Une petite déception mais qui n’enlève rien au plaisir que j’ai eu à le découvrir. Bref, trois photos pour traduire un coup de cœur.

shida 1

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Focus on Shida

One more portrait. Spring 2007. A couple of discrete stickers. The first one was in the center of Paris, in a little street close to Pont Marie. Another on a road sign Ile de la Cité. Oh and I almost forgot a little one boulevard Saint Michel.

Shida. A simple name, totally unknown to me. I feel that more and more street artists are also graphic designers. I don’t know if it’s the same for him or if he has just been influenced by them, but there is something really efficient in his images without being too easy. Perhaps this balance come form the fact that my apriorisms expect this kind of visuals to be made on computers. Here, the childish drawing, hand-made, with only one line, stands well. This kind of image stimulate my imagination. I guess that’s in accordance with my tastes: a well made simple stuff.

Shida. I have not seen so much. Just a few on the same period. This guy was certainly a tourist. His stickers were always a real pleasure. Mysterious and unknown. Pretty rare which give them a little aura.

I have to admit that I finished by looking for him on the web. I found his blog http://www.fotolog.com/shida_one/ . I broke the mystery. The aura get blurred. I should have taken only what the street gave me. He seems to be Japanese. Looking at his productions I noticed that what I liked in him was not representative of his art. I find it pretty weird. Usually when you find someone’s blog, someone you like, you’re expecting some nice surprises. I was disappointed but it didn’t change at all the crush that I had on his little creatures. Three pictures to show my non-objective vision of his work.

Immortelles empreintes / Little ritual

Immortelles empreintes

Hop! un petit post rapide. Un retour d’une session sympathique, entre amis, un après-midi de septembre, qui avait pour but de plonger Paris sous les sticks. Un de nous avait branché son podomètre, 16km à zigzaguer dans la capitale. De Jussieu à Denfert, en passant par les Grands Boulevards et Saint Germain, sans oublier le Sentier. Du grand n’importe quoi. Une sorte de long moment totalement abstrait. Une balade très plaisante et difficilement explicable. Rien de tel!

Sans contrainte, par pur plaisir du collage et aussi pour se retrouver. A force de se laisser aller à ses désirs on fini par refaire les mêmes gestes. Après tout nos envies se ressemblent souvent. Depuis ma première balade à plusieurs il y a un petit rituel inévitable et de tout ceux que j’ai rencontré quasiment personne n’y échappe. Après avoir apposé sa marque un besoin impulsif pousse son auteur à la photographier, histoire de garder un souvenir de son empreinte (ou de celle d’un autre), une photo qui devient une petite mise en abime de la trace.

Certains se souviennent peut être d’un grand type (pas de nom) dégingandé immobile, dans une position improbable, qui prend son temps (une minute, une vraie minute) pour cadrer parfaitement le haut d’une poubelle. Un passant arrêté posté derrière lui qui le scrute comme une bête étrange « Mais que fait-il? ».

Salutations distinguées à Akso, Phot, Gabri l’Cabri, Flytox et 3615!

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photo 4 / Credit photo: Dubwise

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Little Ritual

Just a quick post. A little feedback from a smooth September afternoon. A sticker session with friends, all with the same goal: to put ‘Paris sous les sticks’. Someone had a pedometer, we walk 10 miles zigzagging into the city, for once we even went in the south (which is not easy for my friends). A long abstract moment, with only one motivation: the pure pleasure. So sweet and so hard to describe. Like says George Clooney « What else ?! ».

With the time going I noticed something that almost no one can avoid. Right after putting a sticker somewhere its author often have to take a picture. A memory of a mark (his own or someone else’s), that we could call a meta-trace.

Best wishes to Gabri l’Cabri, Phot, Akso and 3615!

Ephéméroptère / Eternally unstickable

Ephéméroptère

Depuis quelques temps on a comme l’impression que la pub s’approprie l’esthétique urbaine et que le bourgeois s’encanaille. On peut le voir au niveau du graffiti avec des pubs super idiotes, comme celles pour 1664, les crêpes Wahou, ou encore Virgin « Get Busy ». Mais on constate aussi ce recyclage dans les outils employés, qui ont tendance à devenir ceux utilisés généralement par la culture de rue. Là je pense principalement aux pochoirs au sol qui annoncent maintenant la sortie d’album de musique et aussi les stickers, souvent pour des albums de rap et pour plein d’autres conneries. La pub, qui ne se gène pas pour modifier nos paysages avec des affichage de masse parfois illégaux essaie de ne pas franchir la ligne du vandalisme, enfin je devrais plutôt dire qu’elle cherche à faire du vandalisme « gentil »: affiches agrafées, peinture mais juste au sol, autocollants… Elle ne se soucie pas de rester des lustres, le but c’est d’être vue dans l’instant puis consommée.

En même temps, est ce aussi manichéen? Est ce que c’est le vilain monde de la publicité qui est venu sucer la nuque des innocentes cultures urbaines? Je pense qu’il y a plein d’échanges et de mélanges entre ces deux mondes. Après tout, les peintres ont depuis longtemps su recycler les outils que la société industrielle mettait à leur disposition. Pour ne prendre qu’un seul exemple on peut penser à l’emploie de la peinture acrylique qui est passé de l’industrie à une utilisation artistique. Un exemple qui nous concerne plus est l’emploie des autocollants. A l’origine on les trouvait un peu partout sur les objets manufacturés, sur les emballages ou encore à titre signalétique. On peut également penser aux bombes aérosols qui existaient bien avant le graffiti. Bref, ça ne va pas que dans un sens. En fait le changement que je remarque depuis ces dernières années c’est que la pub, cet outils capitaliste qui était déjà bien présent dans nos rue, s’attaque désormais aux (petit) supports utilisés habituellement par les colleurs d’autocollants.

Il y a un an ou deux Dim (les slips) avait lancé une petite campagne dans les rues parisiennes. En quelques jours on a vu apparaître sur nos murs, nos cabines téléphoniques et nos gouttières un charmant sourire coincé entre une frange et une bretelle de soutien gorge. Un sticker? Pas vraiment. C’est ça qui était rigolo, c’est que l’objet était une petite étiquette au dos plastifié. Un plastique apparemment spécial, dont la conception me dépasse, mais qui avait pour propriété d’adhérer au surfaces (surtout lisses) et d’être repositionnable à l’infini. Vu que ces « re-collants » squattaient les mêmes spots que les autocollants j’ai vite pris l’habitude de les récupérer… puis même de les chasser. A force j’en ai eu une petite quarantaine. C’est marrant comme les gens qui ont les mêmes pratiques développent les même réflexes. En en parlant plus tard j’ai appris que d’autres acteurs du monde du sticker avaient leur petite collec’.

Dans cette idée de récupération à ramification, je me suis dis qu’il fallait bien en faire quelque chose. L’idée n’est pas compliquée, j’ai juste récupéré l’objet que j’ai transformé à l’effigie de mon insecte. Outre le recyclage d’un outil publicitaire, ce ré-emploie permet de se jouer de plusieurs aspect du collage, puisqu’il y insère la possibilité de décoller sans détruire. Que ce soit l’appropriation du lieu, sa dégradation potentielle, le rapport au spectateur et peut être aussi le rapport aux collectionneurs/arracheurs.

J’ai remarqué que les critiques négatives vis à vis du stickers (et même celles concernant les affiches) sont plus liées au caractère transgressif « Vous avez une autorisation pour faire ça? » plutôt que sur ce que rerésente l’image. C’est le geste qui dérange. Et l’audace de celui qui l’ose. C’est le fait d’apposer sa marque de façon presque indélébile (on s’entend bien, ça reste extrêmement relatif) qui gène plus que la marque elle même. D’ailleurs on retrouve ça avec les tags; 3615 peut en parler beaucoup mieux que moi. Les tags à la craie ont tendance à rester assez longtemps. Alors qu’un coup de marqueur va être nettoyé systématiquement. C’est le caractère potentiellement éphémère qui donne donc à l’inscription son indélébilité. Je trouve ça toujours fou de voir à quel point les gens sont conditionnés, jusqu’à ne plus être capables de voir une image et de n’y voir plus que son statut. Alors voilà; je tente l’experience du sticker « gentil » et non transgressif qui se joue de toutes ces questions. Pour l’occasion je vais même baptiser ce nouvel objet: autocollant à la craie.

dim 1

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rue 1

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rue 3

rue 4


Eternally unstickable

Okay guys, I’m pretty lazy to make a real translation of my text. Let say that since a while, advertising companies seem to enjoy recycling street cultures. First of all you can see it by the direct use of Graffitis in ads, most of the time in a stupid way. But something which is more interesting to me is the apparition of a new kind of campaign. This time advertising companies use tools usually owned by the street cultures. Now you can often see stencils to announce a new music album, stickers for a hip hop mixtape and a lot of other bullshit. Ads which don’t hesitate to change our landscapes with their tones of billboards (sometimes illegally) are still too shy to pass the border of street vandalism. Or should I say that ads decided to do vandalism but in a light way. They use paint only on the floor, clasped posters, stickers…Their goal is not to stay a long time, it’s just to be seen on the moment to be consumed right after.

Is the absorption of a culture by another so Manichean? I think that there are a lot of connexion, in many ways between underground cultures and advertising methods. In a larger way you can notice a lot of exchange between industry and art, like the use of acrylic paint by artists. My point is that for a while ads are taking the spots which were used by sticker artists, the little spots that no one care usually. The purpose of this text is linked with a particular object, made for an advertising campaign. It’s looking like a stickers, but the back is not glued, it’s a weird plastic. I don’t know how but this plastic is able to adhere to any surfaces (especially the flat ones). You can take it off and on again, as soon as it’s clean it keep working.

Two years ago, Dim (an underwear brand) started putting these plastic-stickers on phone booths, gutters, posts. I noticed them quickly, because there were exactly where my eyes look (hoping to see new stickers). So I started hunting them. Actually I heard later that other people who make stickers had a collection of them.

In this idea of multi-recycling culture, I thought I had something to do with it. The idea was pretty simple. I just put my logo on them. Because these objects can be removed without being destroyed, it’s a way to play with the (sociological/artistic) questions of appropriation of a place, its potential deterioration, relationship with a public, relationship with collectors/tearer, the ephemeral, the trace.

Doing my stuff I noticed that most of the negative criticisms were coming from the act of transgression, more than the image itself « who allowed you to stick it there? ». The gesture annoys the critic as much as the audacy of the one who dare doing it. People don’t seem to be so much pissed by the mark/track/trace. Nothing but its statute seems to interest them. Our dear 3615 can speak about it way better than me, chalk tag can stay forever whereas ink ones which are removed in a couple of days. I’m always amazed by how people can be conditioned, until not being able to look at an image without seeing anything but a transgression. Finally the ephemeral potential of an image gives it all it’s indelebility. In this spirit I decide to baptize my re-use of the Dim plastic stickers: Chalk-stickers!

Charlie est à la maison / Waldo’s home

Charlie est à la maison

Vous vous souvenez des Charlie? Pour ceux qui n’auraient pas souvenir de ce petit projet, je le résume en vitesse: il s’agit d’une série de100 stickers à l’effigie de Charlie (de Où est Charlie) répartis au hasard dans Paris, tous réalisés en sérigraphie puis numérotés à la main. Un entête invite les passants à retrouver tous les autres. Encore une fois je recycle une ancienne vidéo pour illustrer mon propos http://www.youtube.com/watch?v=Tntd5WdGqmc .

Ça doit faire un peu plus d’un an que j’avais fait ça. De mémoire j’avais fais les stickers en deux après-midis. J’avais fait le collage assez vite pour être sûr qu’il y en ai bien 100 au même moment dans la rue. On va dire que j’y avait passé une petite semaine. Certains ont sauté assez vite. Je suis quand même assez content car les survivants sont plutôt nombreux et c’est les intempéries qui se chargent de les user. J’pense pas qu’il y ait eu de vrais joueurs (à par peut être Dubwise qui en avait retrouvé pas mal), les quelques personnes qui m’ont rapporté en avoir trouvé étaient tombées dessus par hasard. De toutes façons je finirais par relancer une partie sous une forme ou une autre.

Bref, le numéro 01 était collé dans un coin du treizième. L’inempêchable routine de la vie fait que j’ai été amené à passer régulièrement devant depuis son collage. En plus du plaisir de créer, un moment plus rare est celui de voir son autocollant vieillir sur le mur, résister au nettoyage et se faire user par le soleil, le vent, la pluie et la pollution. Je ne sais pas quelle propriété chimique est à l’origine de se phénomène mais il se trouve que des couleurs que j’utilise avec ma Gocco seuls le bleu et le noir résistent au temps.

Quoiqu’il en soit, au printemps dernier je remarque que mon Charlie numéro 01 a pris un sacré coup de vieux. En quelques jours je vois qu’il se décolle par le haut. Normalement je ne triche pas, ce qui appartient à la rue est destiné à y mourir. On va pas non plus s’interdire quelques travaux de rénovation de temps en temps. Merde! C’est le premier de la série, c’est symbolique. Un dimanche soir, un rouleau de scotch dans une poche, et un tube de colle dans l’autre je pars à sa rescousse. Pas de pot il pleut des cordes. C’est foutu pour le re-collage, mais j’étais déjà dehors, autant aller voir. Apparemment je suis arrivé pile au bon moment. La pluie était en train de l’aplatir et de le faire glisser le long de la paroi. Il était vraiment foutu pour le coup, tout retourné le vieux Charlie. Je décide de le récupérer. C’est pas facile, même quand il semble prêt à partir il y a toujours un coin qui veut pas se décrocher. Ou j’dois manquer de technique pour l’arrachage propre.

Heureusement j’avais de la réserve. A peine rentré je sors mes archives. J’en retrouve un avec de bonnes couleurs. Je le numérote. Par honnêteté vis à vis des joueurs… non en fait c’est surtout pour le fun, j’inscris « Réplique » dessus. Et histoire de garder les couleurs un peu plus longtemps j’le protège avec une couche de scotch. Le lendemain il était replacé. Il n’y a pas plus anecdotique que cette histoire, elle n’a vraiment rien d’incroyable mais j’y repense souvent. J’en ai quelques unes comme ça. J’me dis qu’on en a tous dans le même genre. Des trucs très différents mais qui nous surprennent toujours. C’est parfois même des interactions avec d’autres gens, par murs interposés ou en vivant.

Finalement je ne m’étais pas trop mal débrouillé dans mon décollage, après séchage j’ai mis l’original, dans un cadre. De près on peut voir qu’il a pris du relief. On voit que le papier a été usé que les couleurs sont passé. Il est tout gondolé et trône sur mon mur au dessus de mon bureau. Comme un soldat rentré à la maison.

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Waldo’s home

Remember Waldo (Charlie for the French)? For the ones who don’t I can summarize it in these few words: it is a series of 100 silk screened stickers representing Waldo (the character from Where is Waldo), numbered one by one with my hand then stuck all over Paris. Once again you can re-use my old video http://www.youtube.com/watch?v=Tntd5WdGqmc to refresh your mind.

It must be something like a one-year-ago project. I guess it took me a couple afternoons to make the stickers. I absolutely wanted to have the 100 at the same time in the street. I had no idea how long time they will stay. It had kill me to see some already gone before that I even finished to stick the whole thing. We can say that I needed a full week to finalize the project. Of course some get cleaned the next days. But I’m pretty happy, a big part of them stayed/are staying in spit of the city life (people and buff). Now the bad weather is taking care of them. Getting old is the best proof of the fact that you’re alive. I doubt there were real players (even if Dubwise found a good number of Waldos), the few ones who told me they saw some found them by hasard. Never mind, I’ll certainly start a new game in another way.

Here is the core of this text. The number 01 was stuck in the ’13ème arrondissement’ of Paris. The unavoidable routine of my life made me walk by it regularly. Time after time I noticed it getting erosion. For a mysterious reason, whatever are the colors I can use, with time they become always black and blue. It was fun to see this phenomenon step by step.

Nevertheless, last spring I noticed that Waldo #01 was looking really bad. In a couple of days the upper part stopped sticking, the sticker was falling on itself. Usually I refuse to cheat, what belong to the city must die in the street. Come on! I’m not so stubborn. Sometimes it’s cool to restore an old piece that we enjoy. Next sunday, I was putting scotch tape in a pocket and a tube of glue in the other. No luck, it was raining. I was already on my way, why not having a look at it? The rain was strong, I found the stick sliding on the side. So I decided to take it back home. That’s not an easy job, or may be I need practice.

Fortunately I had a lot of other Waldo stickers quietly waiting. As soon as I was back home I found a good one, looking like the original (similar colors, really clean, a little default in the text), certainly close in the fabrication. I put the number. To be fair with the players… no I’m kidding, actually just for fun, I wrote ‘Réplique’ (replica in English) on it. To use what the time taught me I protected the colors under a layer of scotch tape. The next day Waldo was discretely replaced. This is may be the most anecdotic story ever, nothing incredible in it, but I think about it really often. I got some other stories like this. Some tales from the sticking activities. We all have some of this kind. Various stuff which are still able to surprise us. It can even be interaction with people, in live or on the wall.

Finally my un-sticking was not so bad. I put the original Waldo #01 under a frame and put it over my desk, in my room, to see it everyday. It’s like enjoying the presence of the back-home soldier.

Le plaisir de créer / To do, did, done

[ NB: Afin de manifester mon attente d’un nouveau post de Frère Francis le Quinzième qui délaisse un peu son blog (certainement au profit de sa vie sociale) j’adopte la philosophie One post a day keep the doctor away … alors add me et lache tes coms!!! ]

Le plaisir de créer

Fatigué des insectes, sans pour autant en être écoeuré j’ai, depuis cet été, expérimenté de nouvelles formes à coller. J’ai essayé de regrouper plusieurs idées que j’avais, que ce soit purement visuel ou sur le procédé de fabrication.

Au départ quand j’ai commencé à faire du stickers c’était dans l’idée (entre autres) d’une invasion d’insectes sur la ville. Du coup j’ai opté assez vite pour la répétition de mon logo par un procédé manuel (parce que c’est le cœur d’une véritable création d’après moi) mais qui permettait aussi de produire en quantité. Avec le temps je me suis éloigné du simple logo poché à la bombe pour m’amuser avec les formes et travailler sur une image. Walter Benjamin parle très bien du besoin de l’unicité ( hinc + nunc ) de l’objet d’art et je m’accorde en partie avec sa vision. Pourtant j’aime la répétition qui est une composante importante de l’identité de la plupart des peintres de rue.

J’ai donc dans un second temps cherché à faire des stickers tout en trouvant un équilibre dans cette opposition ancestrale qualité/quantité et même entre répétition/unicité. Avec la sérigraphie j’ai compris que je pouvais produire en quelques centaines d’exemplaires la même image. Les encres donnent aux images un caractère artisanal donc concret. Sur quelques modèles je me suis laissé un espace vide dans lequel je pouvait inscrire un mot/titre, ce qui rend chaque autocollant unique.
( http://futuristick.free.fr/index.php rubrique Autocollants pour les exemples)

Le problème de cet été c’est que je cherchais à créer une image unique dans sa forme même, mais que je puisse produire en série. On peut penser à Phot, Akso ou encore 3615 (notre chère Frère Francis) qui sont capables de faire des stickers un à un, au Posca, en bonne quantité. J’adore le résultat et le processus créatif, j’adore aussi me dire qu’ils ont passé un temps certain sur la plupart de leur pièces. Mais bon, j’ai pas cette patience, ou peut être mais elle est différente. A force de recherches j’ai fini par trouver mon équilibre. Je voulais créer des personnages, des petits bonshommes gesticulants, à l’humeur changeante. Une silhouette faite au pochoir, un corps qui laisse transparaitre ce qu’il renferme (organes et os) cette fois ci au Posca.

Ressemblance, différence, répétition, redondance, multiplicité, changement, constance et bla et bla et bla. Beaucoup de mots, beaucoup de réflexion pour de petites images qui restent sans grande importance. Surtout que mes autocollants sont plastifiés, pas d’absorption de la peinture donc l’acrylique ne résistera pas longtemps à l’usure. C’est comme ça que j’arrive à ne pas me lasser de faire du stickers, je prends une grande partie de mon plaisir dans tout ce qui se passe avant le collage lui-même. Et pour le reste advienne que pourra!

acrylique

pochoir

poché

groupe

posca

boys band

rue

culture

To do, did, done

This summer I felt kinda tired to paint insects all the time, but I’m really not fed up with them, just need to breath a moment. So I decided to make some experimentations, to try to paint new forms. It was time to regroup some ideas I had for a while. To me the image is as important as the creative process itself, I wanted to do something original.

Years ago, when I started doing stickers my main idea (among some few others) was to invade the city with my insects. Therefore my goal was to repeat my logo in huge quantity but always hand-made (to me that’s the core of a real creation). Time after time I left the spray cans and my stencils to work on the creation of precise images. Walter Benjamin got a pretty clear vision of unicity in art ( hinc + nunc ) and I agree with most of what he said about it. Nevertheless I love repetition. To me that’s a big element of most of street painters’ identity.

In a second time I tried to find a good balance in the mainstream oppositions quality/quantity, unicity/repetition. I found a lot of answers with the silkscreen process. The inks are so powerful that they give to the drawing an aspect way more palpable than a numeric print. The pleasure of art and craft. Also you can repeat your drawing couple hundred times. I tried to leave some empty spaces on my screens. Like this it was possible to write a word/title on the top. Stickers were looking alike according to the drawing. By the color you could fine some variety. The word gave them unicity. ( http://futuristick.free.fr/index.php click on Autocollants to see some examples)

My issue this summer was coming from the fact that I wanted to get the unicity from the drawing itself and to product it in series. You can think about Phot, Akso or 3615 who are able to make a lot of stickers, patiently, one by one, with Posca markers, in a good quantity. I love the result and the creative process. It’s good to think about it when you look at one of their piece. But I don’t feel like I have this patience, or may be I’m patient too, but not in the same way. Time after time I found a good balance. I made gesticulating characters, each of them have a different mood, a different expression on the face. A silouhette made with a stencil and acrylic paint. A body which let visible its inside (organs and bones) made with a Posca marker.

Similarities, common points, difference, repetition, redundancy, multiplicity, changes, constancy and bla and bla and bla. A lot of words for little images that one could think insignificant. Especially knowing that I used plastic stickers, which means that the paint won’t stay for good on them, in a few time my little army is going to disappear under the city life (dust, people) and the bad weather. All that to say that if I’m still motivated to have this childish activities, it’s because I take a lot of of my pleasure in all the steps preceding the street sticking. For the rest, come what may!